20/07/2011

Toàn văn bản “Kiến nghị về bảo vệ và phát triển đất nước trong tình hình hiện nay” bằng tiếng Pháp – bản hoàn chỉnh

Bạn đọc yêu quý,

Bauxite Việt Nam xin gửi đến quý bạn đọc toàn văn bản Kiến nghị về bảo vệ và phát triển đất nước trong tình hình hiện nay bằng tiếng Pháp do học giả Nguyễn Ngọc Giao dịch giúp. Đây là bản đã hoàn chỉnh. Thay mặt Nhóm khởi thảo Kiến nghị chúng tôi xin cảm ơn dịch giả đã hoàn thành bản dịch với tất cả tấm lòng.

Bauxite Việt Nam

 

PETITION

à l’adresse de l’Assemblée Nationale de la RSV

et du Bureau Politique du PCV

sur

LA DEFENSE ET LE DEVELOPPEMEENT DU PAYS DANS LA SITUATION ACTUELLE

Nous, soussignés, vous adressons solennellement la présente pétition concernant la défense et le développement du pays dans la situation actuelle.

I- L’indépendance, la souveraineté nationales et l’intégrité territoriale de notre pays sont gravement menacées

1. Aux fins de devenir une superpuissance, la Chine, en tant que « l’atelier du monde » et le plus grand créancier de la planète, et sous l’enseigne de l’ « émergence pacifique », déploie, de toutes ses forces et sous toutes les formes, sa puissance, s’infiltrant dans nombre de pays sur tous les continents qu’elle cherche à mettre sous sa coupe. De l’avis de certains analystes, la Chine a d’ores et déjà obtenu des résultats surpassant tous les néo-colonialismes depuis la Seconde Guerre Mondiale.

Récemment, faisant fi du droit international, la Chine a étalé ses ambitions hégémoniques en Mer de l’Est (Mer de l’Asie du Sud-Est) en multipliant des actes flagrants de violation de la souveraineté nationale et de l’intégrité territoriale, des eaux territoriales des pays riverains. Elle a, de façon unilatérale, tracé la soi-disant « ligne de 9 traits discontinus en U », délimitant une zone appelée communément « la langue de bœuf », s’étendant sur plus de 80% de la superficie de la Mer de l’Est, qu’elle prétend à maintes reprises relevant de sa « souveraineté indiscutable ». Elle a multiplié des agissemements, militaires et autres, tous illégaux, afin d’étayer cette prétention contraire au droit international.

A l’heure actuelle, la Chine s’active à accroître ses forces navales, à installer une plate-forme pétrolière géante, à entreprendre des agissements militaires et non-militaires de plus en plus profondéments dans les eaux territoriales souveraines des pays limitrophes en même temps qu’elle multiplie les manœuvres visant à diviser les pays de l’ASEAN dans leurs relations avec elle.

2. Dans les eaux territoriales et les zones économiques exclusives du Vietnam dans la Mer de l’Est, la Chine s’est emparé de force la totalité des îles de l’Archipel des Paracels (Hoàng Sa) en 1974, puis de sept îlots et récifs qui nous appartiennent dans l’archipel de Spratlys (Trường Sa). Depuis, elle n’a pas cessé de perpétrer des actes d’intimidation et de violation dans les zones sous la souveraineté vietnamienne : décréter l’interdiction de pêche ; chasser, kidnapper

et spolier nos pêcheurs ; multiplier des pressions sur les compagnies pétrolières étrangères pour les dissuader de coopérer avec le Vietnam ou de résilier des contrats déjà conclus ; envoyer constamment des bateaux de surveillance maritime patrouiller ces zones comme si elles constituent une mer intérieure de la Chine. Tout dernièrement, des navires chinois ont sectionné des câbles optiques et commis d’autres actes de sabotage au détriment des bateaux Binh Minh 02 et Viking II qui menaient des missions à l’intérieur de nos zones économiques exclusives. Il s’agit là d’une escalade d’une gravité évidente, culminant une série d’actions d’intimidation et d’agression contre les eaux souveraines du Vietnam.

De par sa situation géographique, sa position géo-politique et géo-économique dans le conjoncture mondiale actuelle, le Vietnam représente aux yeux de la Chine l’obstacle sur la route de son expansion vers le Sud, toujours dans l’optique de l’accession au statut de superpuissance. Par tous les moyens et ruses, subtiles ou cyniques, elle cherche à séduire, s’infiltrer, menacer, s’ingérer, grignoter, allant jusqu’aux actions militaires – mettant en œuvre sa stratégie à long terme d’affaiblir, de subjuguer et d’asservir le Vietnam.

En ce qui nous concerne, notre pays a fait beaucoup d’efforts, consenti de nombreuses concessions afin de normaliser et développer les relations bilatérales avec la Chine. Mais, à ce jour, la situation est toujours marquée par un fait majeur : plus le Vietnam fait de concessions, plus le gouvernement chinois en profite pour empiéter sur nos droits.

3. En examinant les relations vietnamo-chinoises dans leur ensemble, force est de constater que la Chine a franchi de grands pas dans la réalisation de ses visées stratégiques.

Au plan économique, nos importations en provenance de la Chine ont progressé très rapidement (elles ont presque triplé de 2006 à 2010), et depuis 2009, le déficit commercial avec la Chine atteint pratiquement le déficit commercial qu’accuse le Vietnam dans ses échanges avec l’ensemble des pays du monde. Nous sommes acculés à importer de Chine de

80 à 90% des matières premières et équipements pour la sous-traitance industrielle, une bonne partie de carburants, d’électricité, des matières premières et équipements pour les autres secteurs de l’économie ; un cinquième environ de la valeur de nos importations en provenance de la Chine correspond aux biens de consommations, sans compter un volume équivalent de marchandises introduites en contrebande. Particulièrement grave est le fait que, ces dernières années, 90% des contrats « clés en main » (EPC) pour les grands chantiers économiques tels les centrales électriques, les usines métallurgiques, les exploitations de bauxite, de titane… ont été emportés par des entreprises chinoises avec toutes les conséquences que cela implique. La Chine, en revanche, nous achète des matières premières, des produits agricoles et minéraux – vu les dégâts causés en la matière à l’écologie, il convient de parler de razzia. Que dire en outre des concessions de terres et de forêts octroyées aux exploitants chinois dans les zones frontalières, de l’introduction à partir de la Chine des faux billets de dongs ? Et des conséquences incalculables de la construction des barrages en amont du Fleuve Rouge et du Mékong, les deux fleuves nourriciers de nos deltas ? On ne saurait négliger par ailleurs l’implantation chinoise dans les pays voisins. Quant à la Mer de l’Est, si la Chine réussissait à y étendre son hégémonie, nous n’aurions plus de voie d’accès maritime au monde extérieur.

Sur le plan politique, la mainmise économique de la Chine sur notre économie, phénomène qui ne date pas d’hier, et des incidents graves qui se sont produits et qui continuent de se produire amènent à poser la question suivante : qu’a fait la Chine chez nous ? jusqu’où a-t- elle réussi à s’introduire au Vietnam grâce à sa « puissance douce » (soft power) ? quelle est

la part de la Chine dans la corruption qui règne dans notre pays, dans les aliénations qui gangrènent le Vietnam ?

Les dirigeants de notre pays ont fait preuve de parcimonie pour ne pas dire d’opacité dans la politique d’information. Notre peuple n’est pas tenu au courant de l’état réel de nos relations avec la Chine. La gravité de la situation actuelle ne peut que mécontenter nos compatriotes pour qui l’attitude des dirigeants s’avère difficile à comprendre. Dans leur embarras évident, le Parti et l’Etat manquent de détermination à s’appuyer sur le peuple pendant que nos amis de par le monde, inquiets de notre situation, pourraient avoir certaine hésitation à soutenir notre juste cause.

L’attitude du gouvernement en matière de relations avec la Chine se lit dans le Communiqué de presse conjoint Vietnam-Chine sur la rencontre des vice-ministres des affaires étrangères, rendu public le 26 juin 2011 par notre Ministères des Affaires Etrangères. Ce communiqué manque de clarté sur plusieurs points, contient des éléments incompréhensibles, suscitant ainsi des questions et des inquiétudes dans l’opinion tant nationale qu’internationale. Pour ne citer que ces exemples :

• Le communiqué conjoint a passé entièrement sous silence les actes d’agression commis par la Chine, portant atteinte à nos droits souverains en Mer de l’Est. Il affirme par contre que : « Les deux parties considèrent que les relations vietnamo-chinoises se développent de manière saine et stable, répondant au désir commun et aux intérêts fondamentaux des peuples vietnamien et chinois, dans l’intérêt de la paix, de la stabilité et du développement de la région ». Si cette phrase reflète vraiment l’appréciation (du gouvernement) concernant la réalité des relations entre les deux pays, alors elle est non seulement contraire à la vérité, mais on ne peut plus dangereuse. En ce qui concerne la devise des « seize mots » et l’esprit des quatre « bons » proposés par les dirigeants chinois eux-mêmes, notre représentant aurait dû d’en exiger de leur part le respect total au lieu de se contenter de passer l’éponge par la formule « les deux parties soulignent la nécessité de maintenir le partenariat conformément à cette devise et à cet esprit ».

• Le communiqué dit : « Les deux parties affirment la nécessité de mettre en œuvre la perception commune des dirigeants des deux pays, de régler pacifiquement les différends entre les pays survenus en mer par la voie des consultations et négociations amicales ». Que signifie cette expression « perception commune » ? Nous n’avons à ce jour aucune explication de la part de notre gouvernement, mais seulement des affirmations unilatérales et partiales de la part de la Chine, telle la déclaration en date du 29 juin 2011 du porte-parole du Ministère chinois des Affaires Etrangères, qui a souligné « qu’il importe que le côté vietnamien mette en œuvre la perception commune des dirigeants de nos deux pays concernant le règlement des questions de la Mer de l’Est », ajoutant en outre que

« les deux pays s’opposent à l’ingérence des forces extérieures dans les questions de la Mer de l’Est ». La Chine multiplie des déclarations d’homme politique et des articles de presse comme quoi les tensions récentes en Mer de l’Est ont pour cause les provocations de la part du Vietnam et des pays de l’Asie du Sud-Est. Dans ces déclarations, revient souvent l’affirmation que l’opinion chinoise est suffisamment conditionnée pour une attaque contre le Vietnam afin de conquérir le « collier de perles » (entendez par là l’archipel des Spratlys)… Les

formulations ambiguës et obscures du Communiqué de presse conjoint portent ainsi atteinte aux intérêts de notre pays, elles risquent en plus de compromettre les relations avec des pays tiers.

• Le Communiqué de presse conjoint préconise que les deux parties « s’appliquent à orienter correctement l’opinion publique, à s’abstenir des paroles et des actes susceptibles de nuire à l’amitié et la confiance des deux peuples… ». S’appuyant sur ce point, la Chine multiplie ses pressions en vue de circonvenir l’opinion publique au Vietnam alors même que la presse chinoise continue de proférer à notre égard ses calomnies et humiliations. Face aux agissements chinois en Mer de l’Est contraires au droit international, les dénonciations de la part de l’opinion vietnamienne, les manifestations contre ces agissements – nous tenons à l’affirmer haut et clair – constituent un soutien aux activités politiques et diplomatiques de notre Etat et ne sauraient en aucune manière être assimilées à

« des paroles et des actes portant atteinte à l’amitié et la confiance entre les deux peuples ». Fort de son histoire, de son identité et de sa volonté, notre peuple n’a de cesse de cultiver, de préserver et de défendre les relations d’amitié avec notre voisin du Nord. Il n’a jamais commis d’agression contre la Chine, mais a toujours résisté à chaque agression venant du Nord.

II- Face aux épreuves multiples et de graves dangers

1. Le développement économique du pays est faible en qualité et en efficience, il est enlisé dans une crise qui n’a que trop duré.

Les efforts déployés depuis quelques années consistent surtout à parer au plus pressé en vue de surmonter les difficultés immédiates, notamment à lutter contre l’inflation. A l’exception de l’année 2009, l’inflation depuis 2007 dépasse largement 10%. La mobilisation des ressources internes et externes a atteint un niveau sans précédent, mais l’efficience économique demeure bien faible, l’indice ICOR ne cesse d’augmenter et reste le plus élevé par rapport aux autres pays de la région. Le déficit commercial reste élevé. Le déficit budgétaire a dépassé la cote d’alerte (5% du PIB est le seuil communément admis). L’économie nationale est enfermée dans des structures obsolètes, l’efficience et la compétitivité restent faibles, la croissance est due essentiellement aux investissements, à la main-d’œuve bon marché et à l’exploitation jusqu’à épuisement des terres et des ressources naturelles. L’environnement est gravement endommagé. L’écart entre riches et pauvres s’élargit, la redistribution des revenus devient de plus en plus injuste. Les problèmes économiques majeurs – accumulation/redistribution des biens ; l’état de la propriété et de l’utilisation des terres ; l’application des lois ; la formation des groupes d’intérêts malsains, privilèges des nouveaux groupes de pression et de pouvoir, l’émergence de nouvelles castes liée aux nouvelles injustices… -- connaissent une évolution contraire à l’objectif proclamé

« un peuple prospère, un pays puissant, démocratique, équitable et civilisé ». Il en résulte que le revenu nominal moyen par habitant a progressé alors que, à maints égards, la qualité de vie s’est dégradée ; l’insécurité a augmenté, le niveau de vie réel de la majorité des paysans, des ouvriers et des salariés honnêtes a visiblement baissé par rapport aux dernières années.

2. La situation sociale et culturelle s’est dégradée dans de nombreux aspects, les éléments nouveaux et les facteurs de progrès ne sont pas à la hauteur des exigences du développement

national, ils ne sont pas en mesure de vaincre l’arriération et les facteurs négatifs ; l’équité sociale est gravement atteinte ; la ressource la plus précieuse du pays – les femmes et les hommes – n’est pas réellement libérée.

Parmi les problèmes les plus pressants, il faut citer tout d’abord notre système d’éducation, dans de nombreux domaines très en retard par rapport aux pays de la région, bien que notre pays consacre un budget (public et privé) des plus élevés (en pourcentage) à l’éducation. Le contenu de l’enseignement, les méthodes d’enseignement et d’acquisition des connaissances, l’administration du secteur éducationnel accusent de grands retards, voire de nombreuses erreurs. La réserve de main-d’œuvre a bénéficié d’un enseignement général relativement étendu, le pourcentage de diplômés de différentes catégories par rapport à la population totale et par rapport à la population active est élevé, voire très élevé en comparaison avec des pays à revenus par tête d’habitant équivalents. Mais en réalité, la qualité de notre main-d’œuvre et le rendement de nos travailleurs restent faibles en comparaison avec de nombreux pays, et très en deçà des impératifs de la modernisation du pays. La raison essentielle en est que notre système d’éducation, dans l’environnement socio-politique actuel de notre pays, ne vise pas à former des personnes libres et créatrices, des personnes maîtres de leur pays, il s’attache uniquement à la quantité et court après des bilans plus ou moins formels.

Dans le domaine culturel comme dans la sphère spirituelle du pays, le peuple voit et condamne les manifestations d’hypocrisie et d’aliénation qui gangrènent le mode de vie et la moralité publique. Ces fléaux s’ajoutent à la corruption pour engendrer de nouvelles inégalités sociales en même temps qu’ils détruisent les valeurs de la nation. L’absence de transparence dans tous les domaines de la vie sociale constitue un terrain fertile nourrissant la corruption et les fléaux. Cet état de fait empêche la naissance d’une société saine et civilisée en même temps qu’il renforce un environnement où trop souvent la loi reste lettre morte, favorisant ainsi la perpétuation des faiblesses et incapacités du système socio-politique.

3. Faiblesses et incapacités du régime, obstacle majeur du développement du pays

Cet état des lieux aux plans économique, culturel et social du pays est le reflet fidèle des incapacités et la dégradation croissante du système socio-politique et de l’appareil d’Etat de notre pays. L’ économie nationale doit faire face à l’impératif d’une transformation structurelle et d’un changement de modèle de développement (il s’agit, pour faire bref, de passer de l’extensif à l’intensif) afin d’entrer dans l’ère de développement durable d’une meilleure qualité. Cette nouvelle étape nécessite une réforme du système politique afin d’écarter les obstacles, de promouvoir et d’utiliser à bon escient toutes les ressources dans le but de rénover et de développer l’économie. Cette rénovation politique a été proclamée sans que des objectifs concrets, des mesures adéquates et des actions effectives aient été élaborés et réalisés.

Particulièrement grave est le fait que la corruption bureaucratique, la dépravation intellectuelle et morale continuent de s’aggraver dans les appareils, dans le rang des cadres et fonctionnaires qui font partie du système politique et étatique. Cet appareil ne cesse de grossir, les incompétences se multiplient, la corruption se répand, causant ainsi des dommages chaque jour plus grands au pays tout entier. C’est cette situation à laquelle se sont ajoutées les erreurs structurelles dans l’organisation et l’encadrement qui a rendu caduc les efforts de rénovation du système politique, lesquels, de ce fait, n’ont abouti à aucun résultat pratique, en dépit des ressources humaines et financières engagées. Trop de formalisme et de représentations mensongères ont entaché ces tentatives. Le filtrage des candidatures, les

élections aux diverses instances de pouvoir n’assurent pas encore une véritable démocratie. De nombreux droits du citoyen, inscrits dans la Constitution, attendent leur mise en application dans la vie réelle, notamment la liberté d’expression, le droit à l’information, le droit d’association, le droit de manifester…

D’une manière générale, notre pays est traversé par une contradiction : la contradiction entre, d’une part, les aspirations d’un peule qui désire vivre dans un pays « pacifique, réunifié, indépendant, démocratique et prospère », faisant corps avec le courant de progrès de toute l’humanité, et de l’autre, la dégénérescence et l’incapacité chaque jour plus graves du système politique. Cette contradiction, dangereuse en soi, est exacerbée chaque jour davantage par les menaces chinoises vis-à-vis de notre pays, en même temps qu’elle attise les appétits expansionnistes de la Chine.

Notre pays ne peut choisir ses coordonnées géographiques. Il peut, par contre, choisir son destin en créant un tournant décisif : vivant dans le voisinage immédiat d’une Chine dévorée par l’ambition de superpuissance, le Vietnam se doit de défendre fermement son indépendance et sa souveraineté nationales, de devenir un partenaire respecté de la Chine, créant des relations vietnamo-chinoises réellement au service de la paix, de l’amitié, de la coopération et du développement.

Sur le front de la défense des nos eaux territoriales, de nos zones économiques exclusives, de nos îles et de notre espace aérien dans la Mer de l’Est, la situation est brûlante du fait de l’escalade de la part de la Chine qui a lancé des attaques et perpétré des violations de plus en plus graves, sans exclure des offensives militaires directes. Cependant, il est un front bien plus dangereux sur lequel la Chine entend concentrer ses forces et son influence pour réaliser ses visées à notre détriment : infiltrations dans et subversions de la vie économique, politique et culturelle de notre pays. Des manœuvres combinées d’intimidation et de séduction sont déployées au nom de la soi-disant « défense du socialisme » pour semer la zizanie au sein du peuple et à l’intérieur du régime politique, pour manipuler les dirigeants, pour miner le bloc d’union nationale et affaiblir nos capacités d’assurer la sécurité et la défense du pays. Une victoire sur ce front mènera la Chine à la victoire sur tous les fronts !

L’émergence d’une Chine qui tend de toutes ses forces, en utilisant tous les stratagèmes et ruses, à devenir une superpuissance quitte à commettre des actes contraires au droit international, au mépris de toute moralité, ne manquera pas d’engendrer des troubles dans le monde et de créer, en ce qui nous concerne, une nouvelle conjoncture dans les relations internationales : toutes les nations du monde ou presque, à l’exception probable de la Chine, souhaitent l’existence d’un Vietnam indépendant et souverain, prospère, développé, en mesure de contribuer dignement au maintien de la paix et de la stabilité dans la région, de donner une impulsion aux relations de coopération et d’amitié, dans l’intérêt de la paix et la prospérité de tous les pays de la région et du monde. Cette conjoncture, à n’en pas douter, ouvre à notre nation une opportunité sans précédent pour la défense et le éveloppementd du pays, et partant, lui donne une place honorable dans le concert des pays civilisés. Pour écarter le danger qui nous menace, pour saisir le moment favorable qui se présente, notre peuple, dirigeants et simples citoyens sans distinction, doit s’engager avec l’ensemble de l’humanité progressiste dans la lutte pour les valeurs qui sont le fondement d’un monde de progrès authentique, à savoir la paix, la démocratie, la liberté, les droits de l’homme, la préservation de l’environnement.

III- Ce que nous proposons

Face à cette situation, nous demandons instamment à l’Assemblée Nationale et au Bureau

Politique de :

1. Faire connaître à notre peuple et au monde la réalité des relations Vietnam-Chine ; exposer de manière convaincante les fondements de nos droits souverains sur les îles et les zones marines en Mer de l’Est, en conformité avec le droit international ; affirmer notre désir constant de cultiver et de préserver des relations d’amitié, de coopération et de bon voisinage avec la Chine, et dans le même temps, notre détermination à défendre l’indépendance, la souveraineté nationales et l’intégrité territoriale du pays. A cette occasion, le gouvernement doit prendre l’initiative d’expliquer au peuple et à l’opinion publique internationale le contexte dans lequel le Premier ministre Pham Van Dong a adressé en 1958 au Premier ministre Zhu Enlai son message sur la Mer de l’Est, le sens réel et la valeur juridique de ce message ; et ce pour rejeter une fois pour toutes les déformations tendancieuses de la part du gouvernement chinois. Nous faisons toujours la nette distinction entre d’une part les visées et agissements immoraux et contraires au droit international de la part d’une partie des dirigeants chinois, et le peuple de Chine dont nous connaissons les sentiments et la sympathie à l’égard du peuple vietnamien. Nous souhaitons être ami sincère et partenaire loyal de tous les pays ; nous accordons une importance capitale aux relations d’amitié et de coopération avec les pays de l’Asie du Sud Est, avec les grandes puissances et tous les pays concernés par le règlement pacifique des différends en Mer de l’Est.

2. Présenter au peuple tout entier l’état de la nation, conscientiser tous les citoyens sur les dangers qui menacent l’existence de la nation, en appeler à tous pour qu’ils s’unissent et mettent toutes leurs forces morales, intellectuelles et matérielles au service de la défense et du développement du pays. Réformer radicalement et totalement l’éducation et l’économie est devenu un impératif pressant en même temps que la voie par laquelle le peuple élèvera son niveau intellectuel, fera régner la concorde nationale et la paix sociale, améliorera ses conditions d’existence, conditions indispensables au développement et à la défense du pays. Il faut, pour cela, libérer et l’éducation et l’économie de la pesanteur des dogmes idéologiques. C’est la raison pour laquelle la réforme politique constitue le postulat sine qua none de toutes les autres grandes réformes.

3. Mettre pleinement en œuvre les libertés et les droits démocratiques du peuple stipulés par la Constitution en vue de libérer et promouvoir toutes les volontés et énergies populaires au service du développement et de la défense du pays ; saisir la conjoncture favorable, répondre aux exigences et relever les défis de la nouvelle situation régionale et mondiale. Dans l’exercice des libertés démocratiques, il importe de respecter strictement la liberté de parole et la liberté de la presse, le droit d’exprimer ses opinions politiques par des manifestations pacifiques, le droit d’association, le droit à la transparence dans tous les domaines de la vie nationale.

4. D’en appeler à tous les compatriotes vivant à l’intérieur comme à l’extérieur du pays, sans distinction d’opinions politiques, de croyances religieuses, d’origines ethniques, de positions sociales, afin qu’ensemble, ils œuvrent pour la concorde et la réconciliation nationales, pour l’union du peuple dans la communion patriotique, la solidarité fraternelle et la tolérance.

Ensemble, laissons derrière nous le passé, mettons l’intérêt national au-dessus des les intérêts particuliers, unissons-nous pour la défense et le développement du pays.

5. Les dirigeants du Parti Communiste du Vietnam, en tant qu’unique parti de gouvernement et donc responsable plein et entier de la situation actuelle du pays, se doivent de mettre les intérêts nationaux au-dessus de tout, de lever haut le drapeau de la nation et de la démocratie, de mener pleinement la réforme politique, libérant ainsi toutes les énergies du peuple au service du développement et de la défense du pays, combattant résolument la corruption et les dépravations, pour sortir notre pays de son état actuel de faiblesse et de dépendance, ouvrant ainsi une ère de développement durable, pour que notre nation avance de concert avec toute l’humanité progressiste pour la paix, la démocratie, la liberté, les droits de l’homme et la protection de l’environnement.

Nous espérons ardemment que nos compatriotes, au Vietnam et dans le monde, donneront leur accord à ce texte en apportant leur signature. Ainsi, et par des actions efficaces, les Vietnamiens diront la volonté de résistance de tout un peuple qui entend mettre en échec toutes les tentatives et les d’actes portant atteinte à l’indépendance, la souveraineté, l’intégrité territoriale de notre pays, abolir les injustices, effacer la pauvreté et l’arriération du pays, édifier et défendre une nation digne de sa glorieuse tradition, qui pourra regarder fièrement ses générations à venir comme il peut côtoyer avec sérénité les nations du monde.

Saisir sans tarder le moment favorable qui se présente, sortir le pays de sa situation périlleuse, œuvrer pour un développement durable dans la paix, tel est le devoir sacré de tout Vietnamien.

Hà Nội, le 10 juillet 2011

Hồ Uy Liêm, Hà Nội

Nguyễn Trọng Vĩnh, Hà Nội Trần Việt Phương, Hà Nội Hoàng Tụy, Hà Nội

Trần Đức Nguyên, Hà Nội Nguyễn Huệ Chi, Hà Nội Nguyễn Trung, Hà Nội Phạm Chi Lan, Hà Nội Chu Hảo, Hà Nội

Nguyễn Xuân Diện, Hà Nội Nguyễn Đình Đầu, TP. Hồ Chí Minh Huỳnh Công Minh, TP. Hồ Chí Minh Lê Hiếu Đằng, TP. Hồ Chí Minh Tương Lai, TP. Hồ Chí Minh

Trần Quốc Thuận, TP. Hồ Chí Minh Vũ Thành Tự Anh, TP. Hồ Chí Minh Lê Mạnh Thát, TP. Hồ Chí Minh Nguyên Ngọc, Hội An

Nguyễn Hữu Châu Phan, Huế

Nguyễn Đình An, Đà Nẵng

Les signatures sont à envoyer à l’adresse électronique suivante : kiennghi1007@gmail.com

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